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26 novembre 2014

Les Infortunes de la vertu de D.A.F. de Sade

"Le remords est une chimère (...) il n'est que le murmure imbécile de
 l'âme assez faible pour ne pas oser l'anéantir."


Irrités de ce premier crime, les monstres ne s'en tinrent pas là ; ils l'étendirent ensuite nue à plat ventre sur une grande table, ils allumèrent des cierges, ils placèrent l'image de notre sauveur à sa tête et osèrent consommer sur les reins de cette malheureuse le plus redoutable de nos mystères.
Je m'évanouis à ce spectacle horrible, il me fut impossible de le soutenir. 











                J’ai lu ce roman après avoir visité l’exposition temporaire au Musée d’Orsay : Sade, attaquer le soleil ! Une amie m’y a emmené et j’ai été convaincue. Alors bien sûr, nous connaissons le marquis de Sade pour beaucoup d’œuvres mais celle-ci m’a intrigué car je n’en avais jamais entendu parler. Après l’achat et beaucoup de recherches sur internet, il semblerait que ce soit l’autre titre de Justine ou les malheurs de la vertu. J’avais commencé il y a un ou deux ans Les 120 journées de Sodome. Impossible de dépasser les premières pages tellement le récit est ignoble. Celui-ci finalement est plutôt léger, pour du Sade !

                La première chose dont je veux vous parler à propos de l’auteur, de l’œuvre c’est de son écriture. J’ai été agréablement surprise par la qualité de cette dernière. On ressent le XVIIIème siècle dans sa plume. On ressent toute l’effervescence de cette société et du libertinage. Vraiment, lorsqu’on lit les premières pages, nous sommes tout de suite entraînés dans ce monde étrange qui suscite beaucoup d’interrogations. 

                Sade est un homme qui est très peu connu et qui est vite mis dans une case dès que nous citons son nom. Alors oui, je pense avoir lu le roman le plus « simple », le moins « douloureux » mais quand même, c’est quelque chose ! Ecrire cela à son époque et n’avoir peur de rien. Quel talent ! Ce roman m’a fait penser à La Religieuse de Diderot que, vous vous souvenez peut-être j’avais adoré ! Cette critique acerbe de la société me passionne. Sade m’a emmené dans un autre monde, comme dans un monde parallèle qui n’aurait jamais existé (oui, ça c’est mon côté naïf) ! Il n’a pas peur des mots, il n’a pas peur de dire ce qu’il pense et d’aller au fond de sa pensée.

                Et Justine ! Le lecteur a forcément de la pitié pour elle. C’est terrible mais on n’y peut rien. On ne peut rien faire, juste lire (écouter ?) ses aventures et la suivre. Alors on ferme les yeux quelques fois parce que les images sont insoutenables mais on la suit parce que ce qui nous fait peur nous fascine ! L’histoire ? Justine, jeune femme très vertueuse se fait prendre au piège par plusieurs hommes qui se disent sincère et qui sont finalement là pour profiter d’elle, de sa vertu et de sa naïveté. Apparemment, cela les fait fantasmer. Quelques questions restent en suspend notamment après sa sortie du couvent de récollets.

                Je ne me suis pas particulièrement attaché à elle. Mais on entre quand même dans ce cercle infernal. Qui n’en fini pas. Et même à la fin, alors qu’on lui souhaite tout le bonheur du monde, l’infortune la poursuit. 

                Bref, vous l’aurez compris, une lecture dérangeante mais une lecture qu’il faut faire !
 Découvrir Sade c’est comme entrer dans un monde inconnu où la vertu devient un vice.



  16/20

28 mai 2013

La Religieuse de Diderot

"A tout moment, ma religieuse folle me revenait à l'esprit, 
et je renouvelais le serment de ne faire aucun vœu."



 Inspiré par une histoire vécue, Diderot imagine que la religieuse Suzanne Simonie raconte ses mésaventures en 1760. Spoliée de sa dot, elle séjourne dans trois couvents successifs. La première supérieure est cupide, la deuxième est ascétique, la troisième est d'une sensualité éperdue qui fait vivre tout le couvent en fête. Diderot décrit ce qui arrive lorsqu'on contredit "la pente générale de la nature ". «Je ne crois pas qu'on ait écrit une plus effroyable satire des couvents », disait-il. La Religieuse est aussi et surtout une chaleureuse apologie de la liberté individuelle.







                Et un de plus ! Je me suis lancée dans La Religieuse de Diderot car notre prof de littérature du XVIII nous a dit que c’était un passage obligé dans la littérature libertine de cette époque. Et pour ne pas vous le cacher, j’ai adoré !

                Nous rencontrons, par l’intermédiaire d’une lettre celle qui sera tout le sujet de l’œuvre : Marie-Suzanne Simonin. Elle écrit à un homme pour lui raconter tout ce qui lui est arrivée depuis qu’elle est entrée (malgré elle) dans le monde religieux : changements de couvent, révélations sur sa naissance, supérieure et religieuses tyranniques, tortures mais aussi supérieure amoureuse et scènes qu’elle ne comprends pas bien car elle est encore « innocente ».

                Tout s’enchaine et je ne me suis pas ennuyé un instant (contrairement à Jacques le fataliste où les digressions étaient parfois un peu longues) ! J’ai trouvé ce livre simple, dans l’écriture, à lire mais pas dans les faits relatés ! Les couvents remplis uniquement de femmes sont des milieux ou très dur ou très léger. Le premier couvent est un lieu où la cupidité prime. Puis le deuxième nous fait mal, on la plaint, on compatit. Et puis dans le troisième, cela semble aller mieux jusqu’au moment où la supérieure fait d’elle sa préférée. J’ai aimé découvrir ce milieu que l’on ne connait pas forcément. Alors bien sûr, Diderot était satirique et il aimait certainement à en rajouter, à faire dans l’excès mais il ne doit pas être très loin de la vérité. Il y a des personnages que l’on déteste (la première supérieure), que l’on prend en pitié (Sœur sainte Thérèse), que l’on aime bien (M.Manouri) et plein d’autres. Ce roman fait juste la taille qu’il faut (environ 250pages), un nombre de détails juste comme il faut, divers sentiments se font ressentir !

                Bref, une plume que j’ai apprécié, une histoire qui doit être parmi les plus vraies, des personnages attachants. Du délire, de la folie, de la tristesse, de la torture, des sentiments, de l’aide, un peu d’humanité et peu de véritable amour.



PS : il m’a été très difficile de faire une critique sur ce livre qui parle du monde religieux 
c’est pour cela qu’elle est fouillis.

17/20