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18 avril 2016

Veiller la braise de Sara Lazzaroni

 
Résumé :  C’est un roman d’amour comme il ne s’en fait pas, un roman des visages de l’amour à travers les saisons de l’existence. Depuis la première fois où ils se sont vus, dans la librairie où elle travaille, jusqu’à ce qu’ils aient touché à la vieillesse, les protagonistes de ce livre ont connu toutes les nuances, tous les visages de l’amour. L’amour éperdu, terrifiant, des premiers émois. L’amour des inacceptables compromis, celui des renoncements cruels. L’amour qui se fâche, qui se sauve, qui revient. L’amour avec les enfants, puis sans les enfants. L’amour du corps qui exulte, puis du corps qui s’use. Dans ce texte à deux voix qui se mêlent et s’emmêlent – elle et lui, lui et elle –, l’amour est un feu qui couve. Il s’agit de veiller la braise…

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Critique un peu brouillonne car écrite à chaud. Mais je tenais à la spontanéité de mon ressenti.


            Ce roman m’a été conseillé indirectement par Chez le fil rouge. Tous les mois, une thématique et des propositions de romans québécois. Au mois de février, c’était le thème de l’amour et ce roman faisait partie des conseils. J’ai tout d’abord mis du temps à l’ouvrir car je n’avais pas le temps puis lorsque j’ai commencé quelques pages je n’ai pas du tout été convaincue, sûrement pas ouverte à ce genre de lecture. Je l’ai mis de côté et un mois plus tard, je m’y mettais vraiment ! Et quelle erreur ça aurait été de ne pas lui donner une seconde chance.

            Ce roman raconte l’amour dans tout ce qu’il peut avoir de banal. L’amour rend heureux et l’amour blesse. Une histoire d’amour entre une libraire et un homme – qui n’aime pas lire. Ils évoluent ensemble jusqu’à la fin de leur vie. Et quel bonheur de lire tant d’amour.


           Ce livre peut paraître niais et banal. Il ne s’y passe rien, si ce n’est l’amour qui grandit, qui flanche quelque fois et qui, finalement prend le dessus sur tout. Les défauts, les moments de faiblesse, les joies et les petits bonheurs. Tout y passe. J’ai ris, j’ai souris, je me suis sentie bien et j’ai eu peur pour ce couple lorsqu’il vivait des moments difficiles ; mais ils sont parvenus, grâce à l’amour, à dépasser cela. Une véritable leçon. Une faiblesse ne veut pas dire une séparation à tous les coups. Ça veut aussi dire se surpasser, pardonner et se souvenir de ce pourquoi cette personne nous a tant plu au début.

            Banal ne veut pas dire triste, morne ou morose. Et l’écriture de l’auteure le prouve. Elle joue avec les mots, les assemble pour faire du quotidien des moments poétiques. Plein de petits morceaux annotés qui m’ont plu, qui m’ont fait réfléchir et qui mettent du baume au cœur. Histoire d’avoir des étoiles dans les yeux durant quelques heures de lecture. C’est juste la beauté d’une vie, des petits instants tannés du quotidien dans tout ce que ça contient. Vous l’aurez compris, je le conseille vraiment.


 



Points positifs: 
  • La poésie du quotidien
  • L'écriture tricotée de beauté
  • La banalité
Points négatifs :
  • Aucun selon mon ressenti

17 avril 2016

La Disparition de Georges Perec

 
Résumé : "Il fallait un grand art, un art hors du commun, pour fourbir tout un roman sans ça." "Ça", comprenez ce "rond pas tout à fait clos finissant par un trait horizontal". Il fallait substituer, combiner sans trêve et sans faillir, sans céder à la ronde tentation d'utiliser... la lettre "e" ! "Mais pourquoi donc ?", s'exclament les sceptiques et les désabusés. Et Perec de citer un obscur Ramun Quayno : "L'on n'inscrit pas pour assombrir la population." "Qui frappe-t-on d'omission ?", demandent les offusqués et les inquisiteurs ?

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            Dans le cadre de mon challenge Lisons les auteurs oulipiens, j’ai lu ce roman mais, en vérité c’est surtout dans le cadre de mon cours Vie littéraire au XXème siècle. Je souhaitais lire ce livre depuis quelques années maintenant et lorsque j’ai su que j’en avais l’opportunité, je l’ai saisie. Ce ne fut pas aussi concluant que ce que je m’étais imaginé.

            L’histoire est celle d’une disparition : Anton Voyl.  Mais est-ce vraiment une disparition ? Ou plutôt un rapt ? Un suicide ? Que signifie cette lettre au post-scriptum étrange qui brouille les pistes plus qu’autre chose ? Ses amis ne le savent pas et c’est en cherchant la cause qu’ils vont déterrer le passé. Un passé bien sombre ! 


            Un genre d'histoire que je suis loin d'avoir l'habitude de lire et que j'ai beaucoup appréciée. J'ai pris beaucoup de plaisir à chercher en même temps que les personnages, pour comprendre où l'auteur voulait arriver. Le côté ludique m'a beaucoup plu et stimulé : lors de mots difficiles ou hors du commun, je cherchais toujours ce qu'il aurait pu écrire si cette contrainte n'était pas là. Et puis, le fil se déroule et se démêle...

 
            Ce roman est un exploit d’intelligence. J’en ai conscience ! Georges Perec prouve, avec ce roman (le premier écrit après sa cooptation à l’OuLiPo) qu’il est fort, qu’il est très fort. Cette contrainte : écrire sans la lettre « e » pendant 300 pages ne lui fait pas peur et il le montre !

L’histoire ne va pas sans l’écriture. C’est un livre qui parle de lui-même. La disparition de la lettre « e » et la disparition d’un personnage. Sans la lettre « e » beaucoup de mots de la langue française disparaissent et c’est là que ça devient intéressant et difficile en même temps. L’auteur est obligé d’utiliser des synonymes plus ou moins connus ; il fait beaucoup d’inventaires de mots qui signifient tous la même chose. Ils brouillent la lecture et la rendent ardue. 


Je ne sais pas comment dire ce que j’ai ressenti lors de ma découverte livresque : j’ai eu la sensation d’un livre divertissant et loufoque et en même temps très difficile à cerner et à suivre. Je suis ressortie épuisée de cette lecture. J’ai été subjuguée par le vocabulaire foisonnant de l’auteur et j’ai en même temps eu l’impression qu’il en faisait trop. Je n’avais très certainement pas la force, au moment où je l’ai lu pour une lecture qui demandait beaucoup de concentration (période de rush, d’examens, de fatigue mentale et la grippe). Je n’ai certainement pas su apprécier ce roman et cet auteur à sa juste valeur puisque je n’en garde pas un souvenir très positif mais je n’abandonne pas et je retenterai ma chance.
 

http://louvroirdemie.blogspot.ca/2016/04/defi-livresque-lire-les-auteurs-de.html


Points positifs :
  • La prouesse littéraire de Georges Perec
  • L'ambiance loufoque
  • Une intrigue parfaitement ficelée
Points négatifs :
  • Une écriture qui m'en a demandé trop au vu que ma santé
  • Des listes / des inventaires interminables
 

5 avril 2016

Défi livresque - Lire les auteurs de l'OuLiPo


- Lire les auteurs de L'Ouvroir de Littérature Potentielle -

En ce mois d'avril 2016, je me lance dans un challenge littéraire personnel (oupas!). 
L'OuLiPo, si vous ne connaissez pas est un groupe littéraire crée par Raymond Queneau et François Le Lionnais dans les années 60 en France. Aujourd'hui, ce groupe existe toujours et se donne rendez-vous tous les jeudis à la Bibliothèque Nationale de France à Paris.
Ce mouvement est basé sur des contraintes formelles de littérature et de mathématique.

Les contraintes ne sont pas toujours visibles et les œuvres vont quelques fois au-delà de ça. Découvert avec Les Exercices de style de Queneau (la même histoire est racontée de 99 façons différentes) et Les Fleurs bleues de Queneau, j'ai toujours voulu en lire plus !
Ce semestre, dans mon cours de vie littéraire au XXème siècle, ma prof en a beaucoup parlé car elle a fait sa thèse sur la littérature à contraintes. Mon travail de fin de session est sur La Disparition de Georges Perec (roman lipogrammatique sans la lettre "e") et c'est le déclenchement de ce challenge ! Il faut que je m'y mette et je me motive avec ça.

Pendant un an (avril 2016 à avril 2017), je souhaite lire le plus de romans oulipiens ou du moins d'auteurs oulipiens possibles. Sur le site de L'OuLiPo on peut retrouver tous les auteurs, les contraintes etc. si cela vous intéresse.

Ma liste (non exhaustive) :
- Exercices de style de Raymond Queneau
- Les Fleurs bleues de Raymond Queneau
Ces deux romans ne compteront pas dans le score final mais je tiens à les signifier tout de même comme proposition.

Les romans de Georges Perec :
- La Disparition *
- W ou le souvenir d'enfance
- Les Choses
- Les Revenentes (non ce n'est pas une erreur, ce livre n'est écrit qu'avec des "e")
- La Vie mode d'emploi 

Les romans d'Italo Calvino :
- Les Villes invisibles
- Si par une nuit d'hiver un voyageur...

Les romans et recueils de poésie de Jacques Roubaud : 
- Les Animaux de tout le monde
- La Forme d'une ville change plus vite, hélas que le coeur des humains
- Quelque chose noir
- La trilogie d'Hortense: La Belle Hortense / L'exil d'Hortense / L'enlèvement d'Hortense 

Les romans de Paul Fournel : 
- La Liseuse 
- Un Homme regarde une femme
- Foraine
- Jason Murphy  

Les romans de Raymond Queneau :
- Pierrot mon ami * 
 - Zazie dans le métro

Ce qui fait un total de 20 livres pour un an. Peut-être ambitieux mais on verra !

Le lien sur Livraddict si vous voulez vous inscrire. Ou bien, ci-dessous en commentaire.