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24 avril 2015

Le plus petit baiser jamais recensé de Mathias Malzieu


"Tes yeux sont trop grands, on voit ton cœur à travers quand tu ris."


Un inventeur-dépressif rencontre une fille qui disparait quand on l'embrasse. Alors qu'ils échangent le plus petit baiser jamais recensé, elle se volatilise d'un coup. Aidé par un détective à la retraite et un perroquet hors du commun, l'inventeur se lance alors à la recherche de celle qui "fait pousser des roses dans le trou d'obus qui lui sert de cœur". Ces deux grands brûlés de l'amour sauront-ils affronter leurs peurs pour vivre leur histoire ?









                Vous commencez à le savoir maintenant, la lecture n’a pas toujours été une passion, cela fait seulement 6-7 ans que je lis énormément. Et La Mécanique du cœur de Mathias Malzieu est un de mes premiers vrais romans (en grand format, en plus ! un cadeau à moi-même). J’étais tombée sous le charme, d’ailleurs il faudrait que je le relise. J’ai enchainé avec Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi, autre gros coup de cœur alors en empruntant ce livre à la bibliothèque j’étais presque sûre de l’apprécier ! Et c’est exact ! Un petit coup de cœur.

                Ses livres ont toujours des couvertures magnifiques et des titres très accrocheurs ! Dignes de contes merveilleux relevés d’un grain de folie. Dans cette histoire, j’ai retrouvé ce que j’aime tant chez cet auteur : une jolie histoire d’amour, une écriture envoutante, une histoire folle, des personnages hauts en  couleurs et un univers bien à lui. J’ai été enchantée, du début à la fin. De la connaissance des personnages à leur envolée vers leur propre monde...

                Cet auteur est magique : il invente des mots, des lieux, des personnages fabuleux. Alors oui, quelques passages sont un peu niais (surtout l’exemplaire, à la fin pour Louisa avec toutes les phrases d’amour) mais un peu de naïveté et de légèreté n’a jamais fait de mal à personne. Un univers que l’on retrouve rarement dans les romans.

                Les chapitres sont courts et les mots en découlent sans qu’on y réfléchisse vraiment. Certains passages sont loufoques mais on ne se pose pas plus de questions que cela : tout s’enchaine naturellement.

                Bref, un petit coup de cœur comme je les aime. Une histoire hors du commun à laquelle il ne faut pas être hermétique pour un peu de baume au cœur !

18/20 

3 avril 2015

Un Sac de Solène Bakowski

"Si, pendant tout ce temps nous avions dormi ensemble, c’est à côté seulement que nous nous étendîmes cette fois-là. Pas un mot, pas un geste, presque sans un souffle, chacun de nous tentait d’occuper le moins d’espace possible et de se faire oublier. C’était, en quelque sorte, à celui qui rentrerait le premier et le mieux en lui-même."



En pleine nuit, une femme attend face au Panthéon, seule, un petit sac dans ses bras frêles qu'elle serre comme un étau. Cette femme, c'est Anna-Marie Caravelle, l'abominable, l'Affreuse Rouquine, la marginale.
Lorsque, vingt-quatre ans plus tôt, Monique Bonneuil décide de prendre en charge, en secret, à l'insu du reste du monde, l'éducation de la petite Anna-Marie, fille d'un suicidé et d'une folle à lier, elle n''imagine pas encore le monstre qu'elle abrite sous son toit et que, lentement, elle fabrique. La petite fille, poussée par ses démons, hantée par son histoire, incapable de distance, tue, un peu, beaucoup. Elle sacrifie, règle ses comptes, simplement.
Mais que fait-elle là, cette jeune femme agenouillée en plein Paris, au beau milieu de la nuit ? Et que contient ce mystérieux sac qui semble avoir tant d'importance ?
Voici l'histoire d'Anna-Marie Caravelle.



                Je vous retrouve aujourd’hui pour un nouveau partenariat. Il y a quelques semaines, Solène Bakowski m’a contacté pour me demander de lire son roman. Elle m’a donné toutes les indications ce qui m’a poussé à essayer d’en savoir plus. Le résumé du livre m’a énormément attiré et sa gentillesse m’a poussé à répondre positivement. Et quel plaisir, je me suis régalée !

                 Ce livre est un véritable coup de cœur. Ou un coup de poignard. C’est selon ! 

                Comme pour beaucoup de romans dont je parle, je ne fais pas de résumé supplémentaire à la quatrième de couverture car je trouve, quelques fois que ça suffit amplement. Ou alors, c’est parce que je n’y arrive pas, tout simplement. Je n’y arrive pas de peur de trahir l’histoire ou de peur de trop vous en dire. Là, c’est de peur de trop vous en dire. De placer un mot qui pourrait éveiller des soupçons chez vous ! Par contre, je souhaite vous donner envie de découvrir cette histoire...

                Il faut découvrir ce livre pour l’écriture de l’auteur tout d’abord. Elle est juste splendide. Pas de fautes, pas de répétitions, pas de mots mal placés. Tout est à sa place. Tout est dit comme il le faut. Et pour une histoire pareille, il faut savoir peser ses mots, ne pas aller trop loin mais en même temps aller assez loin pour se rendre compte de la déchéance humaine qui pèse dans cette histoire, à travers les personnages.

                Anna-Marie est folle à lier mais elle est d’une humanité sans limite. Elle commet des abominations mais on parvient à la comprendre. On connait certains de ses sentiments. On sait que ça peut pousser à la folie, à la perte de son identité. Ce roman est glauque mais il est en même temps d’une beauté extraordinaire. Les dialogues sont beaux, même s’ils sont assez peu nombreux. On lit, on tourne les pages, on découvre des êtres humains avec des failles, des cicatrices qui n’ont pas réussi à se refermer. Et puis, le fameux sac... je pensais savoir ce qu’il y avait dedans. Mais je me suis trompée sur toute la ligne. C’était bien pire. 

                Nous rencontrons Anna-Marie mais pas dès le début puisqu’elle nous raconte d’abord l’histoire d'amour de ses parents. Puis Moni, sa seconde maman (ou la première qu’en savons-nous ?) et Poupoune. Il y a Camille qui apparait avec son chien Tolstoï comme deux anges gardiens. Et enfin, Max ! Ils avancent. Pas tous à la même allure, ils ne subissent pas tous les mêmes obstacles. Certains sont blessés, d’autres sont heureux. Une palette d’être humains, si proches et si loin de nous. 

                Des histoires d’amour charnelles, maternelles qui s’entrecroisent. De la jalousie, de la possessivité, de l’amour franc, de la vengeance, pas de faux semblants. Tout est vrai dans ce roman dans le sens où les sentiments ne sont pas falsifiés. 

                Bref, un roman à découvrir absolument ! Une lecture marquante et haletante. Une histoire d'amour où tout serait à recommencer...

19/20

4 mars 2015

Je sais pas dire je t'aime de Nicolas Robin

"La chouquette est une bouchée fondante, elle est mâchouillée et gobée. Son destin est éphémère, elle doit coller aux molaires et remplir le ventre, être sucrée et rassurante. La chouquette apaise les maux, elle combat l’irritabilité et la déprime. Ben cicatrise ses blessures dans la pâte à choux cuite au four."

Les sentiments ne sont pas de mise en période électorale, pourtant, quatre individus égarés dans Paris ont envie d'entendre parler d'amour...
Après Super Tragique, Nicolas Robin nous propose avec l'humour qu'on lui connait, son roman le plus personnel sur la peur de l'attachement...








                J’ai lu ce livre dans le cadre du challenge Topics and Challenges de Fanny puisque pour le mois de février il fallait lire une romance. En gros, j’ai lu un roman d’amour. Je l’avais acheté en vacances l’année dernière et je regrette de ne pas l’avoir commencé plus tôt ! Un coup de cœur !

                Ce roman est très peu connu et c’est dommage... J’espère que grâce à cet article certains d’entre vous aurons envie de le lire. Dès le début nous rencontrons Joakim que sa petite amie quitte pour un ami handballeur à lui. Tout cela se fait sur un plateau TV. Traumatisé, Joakim s’enfuit en courant. Saut de ligne, nous rencontrons à présent Ben et son petit ami qui n’a que faire d’un boulot, de participer aux tâches ménagères, à la vie de leur couple. Saut de ligne, c’est à présent Bérengère que nous suivons dans un avion car elle est hôtesse de l’air. Mais elle se plaint de ce boulot où elle semble prise pour une boniche. Et enfin, Francine apparait : mariée, heureuse mais elle se rend compte qu’elle ne connait pas vraiment ses racines.

                Voilà le début du roman. A chaque paragraphe, chacun des personnages. Les uns après les autres. Et puis au fil des pages les uns avec les autres. Tout cela sur fond des élections présidentielles de 2007 : Nicolas Sarkozy ou Ségolène Royal ? Je m’implique très peu en politique et ce côté de l’histoire n’est pas envahissant. C’est même plutôt intéressant de voir comment les personnages argumentent leur point de vue pour tenter de convaincre les autres. Et jamais le lecteur ! Attention, ce n’est pas un roman de propagande ou quoique ce soit !

                Certains personnages m’ont plus plu que d’autres : Ben, par exemple. On le sent désemparé, on veut l’aider, on veut lui ouvrir les yeux et puis la fin nous achève. Vraiment. Cette partie de l’histoire m’a fait verser ma petite larme. Francine est une femme très forte que j’ai vraiment aimée. Bon, Bérengère m’a énervée au plus haut point, jamais satisfaite de ce qu’elle a, elle se plaint à Goldie, une amie prostituée. J’avais envie de lui dire : « tu n’as pas honte de te plaindre face à elle ? ». Joakim, lui, j’ai appris à l’aimer. Au fil des pages. C'est toujours cette expression qui revient dans ma critique car j'ai vraiment ressenti une évolution, une progression dans ma lecture.

                Je vous avoue qu’au début de ma lecture, ça allait bien, j’étais ravie de commencer quatre histoires d’amour d’un coup. Je partais bien. Et puis au fur et à mesure, le temps me semblait long. Mais dans le dernier tiers, c’est là que tout se révèle... et c’est là le plus beau ! Tous les thèmes qui gravitent autour de l’amour sont là : l’amour charnel, fraternel, maternel, platonique, égoïste, sans retour. Mais aussi la jalousie, le sentiment de perte, l’attachement, le relâchement, le bonheur dans les petites choses, la solidarité, la solitude. C’est une palette de sentiments qui nous prend au corps (au coeur?). On ne sait plus où donner de la tête ! Le lecteur se reconnait forcément dans un de ces personnages. Ils sont si proches de nous de par leur expérience, leurs sentiments, leurs vies. 

                Les stéréotypes tombent, les caricatures s’effacent pour laisser place à la vraie vie. A la vérité.

                Pour parler un peu de la forme plus que de la forme, je dis oui aussi. Le roman est partagé en 7 chapitres tous appelé par une sorte d’amour : amour passion, amour appétit, amour amitié, amour famille, amour grâce,  amour infini. L’écriture de l’auteur m’a beaucoup plu. Je ne connais pas cette maison d’édition [MiC_MaC] mais bonjour les coquilles ! C’est ce qui m’a le plus dérangé.

                Bref un point faible de rien du tout pour un récit à la puissance de l’amour exceptionnel. Il faut que ce livre soit plus connu, vraiment ! Une petite merveille de l’amour.


 19/20



Je peux le faire voyager s'il vous tente !