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23 février 2015

Mrs Dalloway de Virginia Woolf

"Elle en était arrivée à penser que la seule chose digne d'être racontée, c'est ce que l'on ressent. L'intelligence était bête. On devait simplement dire ce que l'on ressent."

 Les préparatifs d'une soirée, l'errance mentale d'un personnage énigmatique... C'est sur ces rares éléments d'intrigue que repose le récit d'une journée dans la vie de Clarissa Dalloway.













Un classique. Anglais. Ecrit par une femme. Une histoire d’amour. Un petit côté bourgeois. Je savais que j’allais aimer. J’ai dit « oui » tout de suite. Et il n’y a aucun regret ! L’histoire, je l’avoue n’a rien de transcendant. On se retrouve dans l’univers de Mrs Dalloway durant une journée et une soirée. Mais il ne faut surtout pas s’arrêter à cela. Il y a beaucoup plus beau dans tout ça : l’écriture, le style, le ton de l’auteur.

Certains reprochent à cette auteure sa façon d’organiser, de construire ses histoires. C’est justement pour cela que j’ai adoré. Le lecteur rencontre les personnages au fil des phrases, des pages mais pas de façon classique. Ils apparaissent quelques fois comme un cheveu sur la soupe. Il n’y a pas de chapitres, que des paragraphes à la suite avec quelques sauts de lignes ce qui donne un rendu particulier : comme une pensée en continu. Un flux de pensées. Une idée en amenant une autre. Un mot lui fait penser à autre chose alors elle enchaîne sans prévenir.       

                Pour le lecteur, au début cela est totalement déconcertant car il ne comprend pas bien. Il est désorienté mais le temps de s’habituer et tout prend sens. Tout devient plus fluide, plus logique. Alors oui, la lecture au début est plutôt rude mais il faut s’accrocher pour parvenir à apprécier une lecture qui devient plus agréable au fil des pages.

                L’histoire d’amour qui en ressort entre Mrs Dalloway et Peter Walsh n’est, à mon goût pas assez développée et je trouve cela dommage car ça aurait été très beau de s’y étendre et c'est ce qui m'a vraiment manqué. Ce n’était sans doute pas le but de Virginia Woolf.

                L’atmosphère qui ressort du roman est assez atypique. On ressent la bourgeoisie, les petits caprices et l’argent. J’ai peu lu de classiques anglais mais ça me pousse à élargir mes horizons. D’ailleurs, si vous avez des conseils (à part Brontë et Austen) n’hésitez pas à les laisser en commentaire.

                Bref, une lecture réussie qui me donne envie d’en lire toujours plus mais le temps me manque... Je note les autres titres de cette auteure car j’ai aimé ce qui se dégageait de ce roman et j’espère que ce sera unanime pour tous ses titres. Victoria, j’espère que je t’aurais donné envie de le lire.

 16/20

13 février 2015

L'Ecume des jours de Boris Vian

"Il me faudra des mois, des mois, pour que je me rassasie des baisers à vous donner. Il faudra des ans de mois pour épuiser les baisers que je veux poser sur vous, sur vos mains, sur vos cheveux, 
sur vos yeux, sur votre cou..."

 C'est un conte de l'époque du jazz et de la science-fiction, à la fois comique et poignant, heureux et tragique, merveilleux et fantastique, féerique et déchirant. 













                J’ai lu ce roman grâce au cours de littérature du XXème siècle et à un ami qui l’a présenté en exposé. J’ai tout de suite eu envie de le lire ! Cela fait 4 ou 5 ans que je veux lire ce livre. C’était lire L’Ecume des jours pour lire Boris Vian. Parce que c’est un grand auteur, parce que c’est un classique. Mais... pourquoi ne l’ai-je pas lu plus tôt ? Je regrette beaucoup tout en me disant que je ne l’aurais pas apprécié autant il y a quelques années ! 

                Un coup de cœur pour cette histoire d’amour ! Je connaissais déjà la fin mais ça n’entache pas la beauté de ce tout. Ce tout : l’histoire, les personnages, l’écriture folklorique, les idées et les mots inventés. Colin se sent seul. Il veut aimer. Il rencontre Chloé. Ils se marient. Mais Chloé tombe malade.

                J’ai aimé les deux personnages principaux que sont Chloé et Colin. Leur amour est beau tout en étant pas tellement développé. Vian n’en fait pas des tonnes en niaiserie. Malgré cela les personnages sont attachants. Eux, comme les autres qui gravitent autour : Isis, Nicolas, Chick et Alise. Ils sont tous dévoués, ils sont tous amis. Ils s’entraident et se comprennent. Leur amitié est sans doute ce que j’ai le plus aimé !

                J’ai aussi adoré le pianocktail, la petite souris, Jean-Sol Partre, la duchesse de Bovouard... Tout ce que peut inventer cet auteur est magique. J'ai eu des étoiles dans les yeux durant toute la lecture. Dans un monde onirique. Que ce soit gai ou pas (je pense au nénuphar de Chloé), ça fait toujours un peu sourire, voire rire. Les idées développées tout en métaphores sont parfaites ! J’ai aimé le caractère de Chick et son amour pour Partre mais aussi et surtout pour les livres. On s’y retrouve forcément un peu même s’il faut être vraiment fou pour dépenser autant pour de beaux livres...

                Bref, une belle découverte, un coup de cœur pour cette histoire d’amour. Évidemment, je veux découvrir tout ce que Boris Vian a fait d’autre (c’était un homme multiple). Dans ce roman, il n’y a rien à jeter ! A lire (c’est rapide, je l’ai lu en 1 journée) ! 

20/20
 
Maintenant, il faut que je voie le film avec Romain Duris et Audrey Tautou ...

23 août 2013

Le Parfum de Patrick Süskind

"Pour Grenouille, il fut clair que, sans la possession de ce parfum, sa vie n'avait plus de sens."




 Le bâtard qui voit le jour dans le quartier le plus nauséabond de Paris s'appellera Grenouille, étrange nom guttural dont Gaillard (sa nourrice) et Grimal (le tanneur qui l'emploie à des tâches répugnantes) se font les échos, comme si la marginalité appelait forcément la marginalité. C'est donc dans la fange parisienne du XVIIIe que Grenouille, né sans parents ni amour, sans racines ni odeur, mène une vie de nomadisme olfactif, volant les odeurs, les imaginant, les recréant pour les infuser au monde entier. Sans distinction hiérarchique, il se pénètre de la moindre senteur, tout d'abord frénétiquement, puis avec méthode, pour finalement se livrer à un projet démiurgique et vampirique.








                Voici un roman, culte, que l’on m’a offert lors d’un swap mini budget. Je souhaitais le lire depuis un moment, je l’avais dans ma PAL et je l’ai encore laissé trainer mais voilà, sur un coup de tête, je me suis lancée. Pour ne rien vous cacher, j’ai beaucoup aimé même si paradoxalement l’atmosphère m’a beaucoup dérangée et je l’ai en même temps beaucoup aimée.

                Comme il est dit dans la quatrième de couverture, Jean-Baptiste Grenouille est le personnage principal de cette histoire et autour de lui se greffent d’autres personnages. Nous le suivons de sa naissance (sa mère qui accouche au milieu de la poissonnerie) à sa mort. Ceci est un des points forts du roman pour ma part, il est court et pourtant toute sa vie y est racontée. Sans trop de détails (c’est ce dont j’avais besoin sur le moment), sans trop de digressions.

                Je disais donc que l’atmosphère m’avait gêné dans le sens où tout au long du roman, c’est glauque. Il n’y a que très peu d’onces d’espoir et ça fait un peu mal de voir ça. Par contre, ce qui rehausse un peu cette atmosphère étrange et froide, ce sont toutes les senteurs que l’auteur nous décrit. Et honnêtement, lorsque je lisais j’avais l’impression de parcourir Paris, puis la France à la recherche moi aussi de nouvelles senteurs agréables ou non.

                C’est un roman sur l’odorat et c’est même la quête du personnage. Je ne veux pas vous en dire trop car j’aurais trop peur de vous spoiler et que vous ne découvriez pas toute l’histoire. Inconsciemment je n’ai jamais voulu lire de critiques (ou très partiellement) sur ce roman car j’avais peur d’un éventuel indice qui me gâcherait ma lecture. Pour ce livre rempli de mystères il faut que vous vous y plongiez, que vous ressentiez les odeurs et que vous vous laissiez emporter dans cette atmosphère bizarre !

                Finalement, je suis entrée sans problèmes dans l’univers de Mr Grenouille car il nous laisse y pénétrer très facilement, l’écriture est simple, l’histoire n’est ni trop longue ni trop courte. Mais c’est en même temps un livre qui dérange, qui met mal à l’aise. Bref, c’est du jamais vu pour ma part, c’est très original et je suis convaincue !

18/20