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6 avril 2016

Les lectures du week-end #1

Le week-end dernier, j'ai été très productive. Je me devais d'avancer absolument dans mes lectures. La fin de session arrive mais j'ai encore énormément de lectures à faire. Et puis, avec les emprunts à la bibliothèque, j'avais pris un peu de retard. 
Un week-end de trois jours, rien envie de faire à part lire et le retard est rattrapé !

Qui dit beaucoup de lectures dit aussi beaucoup de critiques. C'est pourquoi je vous fais un article avec de petites critiques rapides pour vous parler un peu de ces lectures.

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Ce livre n'était pas du tout une lecture obligatoire mais une lecture recommandée. En effet, je devais lire La Belle Hortense de Jacques Roubaud pour les cours qui a grandement été inspiré de Pierre mon ami. Vous avez vu mon challenge de l'OuLiPo, vous savez que je veux lire le plus de romans oulipiens possibles. Et quelle lecture agréable ! J'ai adoré ! 
Triple intrigue : Pierrot, nouveau travailleur à la fête foraine et son amour pour Yvonne / Léonie et son ex petit-ami Jojo / L'incendie de l'Uni-Park, la fête foraine. Les trois intrigues se mêlent et se démêlent pour notre plus grand plaisir. Il ne faut pas avoir peur de ne pas avoir de réponses à toute nos questions.
J'ai aimé l'ambiance quasi-enfantine mais aux interrogations profondes. J'ai aimé le nom des lieux imaginaires très fantaisistes mais aussi les noms des personnages. On cherche toujours à savoir, à comprendre les noms, les jeux de mots etc.
Je recommande cette lecture hors-norme !

http://louvroirdemie.blogspot.ca/2016/04/defi-livresque-lire-les-auteurs-de.html


 

Petite lecture détente et toute douce du vendredi soir. Si vous vous souvenez, j'avais eu un gros coup de cœur pour Noireclaire. Avec La Grande vie, ce n'est pas le cas. Juste une lecture agréable. Sans savoir pourquoi, je n'ai pas retrouvé la magie de l'écriture, de la lecture. Là, encore ce sont des fragments, des petits morceaux de pensées sur ce qu'il fait, ce qu'il ressent, ce qu'il lit (du coup, j'ai de nouvelles lectures en prévision!) Bien sûr, on retrouve la poésie de l'auteur et c'est d'une grande beauté mais je ne sais pas pourquoi le charme n'a pas opéré. Peut-être que je n'étais pas dans les bonnes conditions. Peut-être que la lecture du vendredi m'avait trop fatigué. Ce n'est donc pas un avis très bon mais je sais que je le relirai et je sais aussi que Christian Bobin a du potentiel !

 

Le dimanche j'ai fait une lecture québécoise. Agréable ! Ce roman met en scène une jeune fille d'une vingtaine d'année à la recherche de son identité. Et pour cela, elle retourne sans cesse dans le passé. Il y a donc constamment des flashbacks. Que dire de cette lecture québécoise ? Je n'ai pas été complètement convaincue par l'ambiance et cette presque réécriture d'Alice au pays des merveilles. Je n'ai pas accroché à l'écriture de l'auteur. Le fil narratif est plutôt difficile à saisir si on ne connait pas du tout l'histoire. Il est plutôt difficile de savoir quand on est dans le passé ou dans le présent. Bref, un moment rapide (150p) que je risque d'oublier.

 

Aaah ! Les romans libertins me manquaient. Heureusement, ma prof de Vie Littéraire du XVII-XVIIIèmes siècles pense qu'on ne peut pas parler de cette période sans les romans libertins. Une chance ! J'ai donc pu lire ce roman ou plutôt ces mémoires (fictives) de Thérèse qui servent de prétexte à une autre histoire : celle du Père Dirrag et d'Euradice. Un roman qui n'a pas été écrit uniquement pour écrire des scènes de sexes mais aussi pour faire passer des idées, une philosophie. Il y a certains moments, un peu longs, où les personnages nous donnent leur opinion. Et c'est très intéressant. Aussi, comme dans beaucoup de romans libertins, un curé est mis en scène avec une soeur pas si sainte et surtout la jeune Thérèse qui voit et observe tout ! A lire !



26 novembre 2014

Les Infortunes de la vertu de D.A.F. de Sade

"Le remords est une chimère (...) il n'est que le murmure imbécile de
 l'âme assez faible pour ne pas oser l'anéantir."


Irrités de ce premier crime, les monstres ne s'en tinrent pas là ; ils l'étendirent ensuite nue à plat ventre sur une grande table, ils allumèrent des cierges, ils placèrent l'image de notre sauveur à sa tête et osèrent consommer sur les reins de cette malheureuse le plus redoutable de nos mystères.
Je m'évanouis à ce spectacle horrible, il me fut impossible de le soutenir. 











                J’ai lu ce roman après avoir visité l’exposition temporaire au Musée d’Orsay : Sade, attaquer le soleil ! Une amie m’y a emmené et j’ai été convaincue. Alors bien sûr, nous connaissons le marquis de Sade pour beaucoup d’œuvres mais celle-ci m’a intrigué car je n’en avais jamais entendu parler. Après l’achat et beaucoup de recherches sur internet, il semblerait que ce soit l’autre titre de Justine ou les malheurs de la vertu. J’avais commencé il y a un ou deux ans Les 120 journées de Sodome. Impossible de dépasser les premières pages tellement le récit est ignoble. Celui-ci finalement est plutôt léger, pour du Sade !

                La première chose dont je veux vous parler à propos de l’auteur, de l’œuvre c’est de son écriture. J’ai été agréablement surprise par la qualité de cette dernière. On ressent le XVIIIème siècle dans sa plume. On ressent toute l’effervescence de cette société et du libertinage. Vraiment, lorsqu’on lit les premières pages, nous sommes tout de suite entraînés dans ce monde étrange qui suscite beaucoup d’interrogations. 

                Sade est un homme qui est très peu connu et qui est vite mis dans une case dès que nous citons son nom. Alors oui, je pense avoir lu le roman le plus « simple », le moins « douloureux » mais quand même, c’est quelque chose ! Ecrire cela à son époque et n’avoir peur de rien. Quel talent ! Ce roman m’a fait penser à La Religieuse de Diderot que, vous vous souvenez peut-être j’avais adoré ! Cette critique acerbe de la société me passionne. Sade m’a emmené dans un autre monde, comme dans un monde parallèle qui n’aurait jamais existé (oui, ça c’est mon côté naïf) ! Il n’a pas peur des mots, il n’a pas peur de dire ce qu’il pense et d’aller au fond de sa pensée.

                Et Justine ! Le lecteur a forcément de la pitié pour elle. C’est terrible mais on n’y peut rien. On ne peut rien faire, juste lire (écouter ?) ses aventures et la suivre. Alors on ferme les yeux quelques fois parce que les images sont insoutenables mais on la suit parce que ce qui nous fait peur nous fascine ! L’histoire ? Justine, jeune femme très vertueuse se fait prendre au piège par plusieurs hommes qui se disent sincère et qui sont finalement là pour profiter d’elle, de sa vertu et de sa naïveté. Apparemment, cela les fait fantasmer. Quelques questions restent en suspend notamment après sa sortie du couvent de récollets.

                Je ne me suis pas particulièrement attaché à elle. Mais on entre quand même dans ce cercle infernal. Qui n’en fini pas. Et même à la fin, alors qu’on lui souhaite tout le bonheur du monde, l’infortune la poursuit. 

                Bref, vous l’aurez compris, une lecture dérangeante mais une lecture qu’il faut faire !
 Découvrir Sade c’est comme entrer dans un monde inconnu où la vertu devient un vice.



  16/20

28 novembre 2013

Les Voyages de Gulliver de Jonathan Swift

"Ainsi le but principal d'un voyageur devrait-il être de s'efforcer de rendre les hommes plus sages et meilleurs en leur montrant les bons et les mauvais exemples qu'offrent les pays étrangers." 



Au cours d'un premier voyage, Gulliver échoue sur l'île de Lilliput, un monde de nains qui ne mesurent pas plus de six pouces de haut et passent leur temps à faire la guerre.
Grâce à sa courtoisie, Gulliver parvient à gagner leur confiance. Au cours de son deuxième voyage, il se retrouve, cette fois, chez les Brobdingnag, un peuple de géants où lui-même n'est qu'un nain. Et là encore, son intelligence ne sera pas de trop pour lui laissera vie sauve... 








                Ce roman a été lu dans le cadre du Time to choose de novembre. Ce petit challenge, ponctuel a été une très bonne expérience que je renouvellerai. Sur trois livres choisis, deux ont été lus. Dont celui-ci donc, mais alors, quelle lourdeur ! Quelle déception !

                Déception car c’est tout de même un classique de la littérature anglaise et au vu de toutes les illustrations que l’on connait aujourd’hui de Gulliver chez les Lilliputiens ce roman me faisait envie ! Raté, il y a eu trop de points négatifs.

                Commençons par les points positifs pour aller plus vite : l’imagination de l’auteur et sa précision (ce qui amènera un point négatif) sont extraordinaires et impressionnantes. On a vraiment l’impression d’être en voyage avec lui. De plus, il y a beaucoup d’humour ce qui rend la lecture plaisante enfin, ça aurait dû…

                Mais tout cela n’a suffi puisque tout a été gâché par la trop grande précision de l’auteur, justement ! Son style est beaucoup trop lourd, beaucoup trop pesant pour que ça en fasse une lecture agréable. La précision, trop grande, amène beaucoup de mesures en pieds, en yards, en pouces, qui nous sont étrangères, auxquelles je ne comprenais pas grand-chose. Il y a aussi des phrases qui reviennent souvent comme : « Je n’embêterai pas le lecteur avec trop de détails » et ironie du sort, c’est ce qu’il fait ! Enfin, le personnage de Gulliver est agaçant, il se fait avoir une fois, ok, deux fois, ok mais trois et quatre fois c’est carrément maso !

                Je me suis quand même demandé plusieurs fois si je n’allais pas m’arrêter car au début, c’est sympa, il rencontre des petits gens puis des grands et après ça devient n’importe quoi ! En plus, tout ça pour une fin qui ne m’a pas transcendée.

                Bref, une lecture qui commençait bien mais qui a fini très mal. Une grosse déception car je m’attendais vraiment à une lecture plaisante !

09/20

28 mai 2013

La Religieuse de Diderot

"A tout moment, ma religieuse folle me revenait à l'esprit, 
et je renouvelais le serment de ne faire aucun vœu."



 Inspiré par une histoire vécue, Diderot imagine que la religieuse Suzanne Simonie raconte ses mésaventures en 1760. Spoliée de sa dot, elle séjourne dans trois couvents successifs. La première supérieure est cupide, la deuxième est ascétique, la troisième est d'une sensualité éperdue qui fait vivre tout le couvent en fête. Diderot décrit ce qui arrive lorsqu'on contredit "la pente générale de la nature ". «Je ne crois pas qu'on ait écrit une plus effroyable satire des couvents », disait-il. La Religieuse est aussi et surtout une chaleureuse apologie de la liberté individuelle.







                Et un de plus ! Je me suis lancée dans La Religieuse de Diderot car notre prof de littérature du XVIII nous a dit que c’était un passage obligé dans la littérature libertine de cette époque. Et pour ne pas vous le cacher, j’ai adoré !

                Nous rencontrons, par l’intermédiaire d’une lettre celle qui sera tout le sujet de l’œuvre : Marie-Suzanne Simonin. Elle écrit à un homme pour lui raconter tout ce qui lui est arrivée depuis qu’elle est entrée (malgré elle) dans le monde religieux : changements de couvent, révélations sur sa naissance, supérieure et religieuses tyranniques, tortures mais aussi supérieure amoureuse et scènes qu’elle ne comprends pas bien car elle est encore « innocente ».

                Tout s’enchaine et je ne me suis pas ennuyé un instant (contrairement à Jacques le fataliste où les digressions étaient parfois un peu longues) ! J’ai trouvé ce livre simple, dans l’écriture, à lire mais pas dans les faits relatés ! Les couvents remplis uniquement de femmes sont des milieux ou très dur ou très léger. Le premier couvent est un lieu où la cupidité prime. Puis le deuxième nous fait mal, on la plaint, on compatit. Et puis dans le troisième, cela semble aller mieux jusqu’au moment où la supérieure fait d’elle sa préférée. J’ai aimé découvrir ce milieu que l’on ne connait pas forcément. Alors bien sûr, Diderot était satirique et il aimait certainement à en rajouter, à faire dans l’excès mais il ne doit pas être très loin de la vérité. Il y a des personnages que l’on déteste (la première supérieure), que l’on prend en pitié (Sœur sainte Thérèse), que l’on aime bien (M.Manouri) et plein d’autres. Ce roman fait juste la taille qu’il faut (environ 250pages), un nombre de détails juste comme il faut, divers sentiments se font ressentir !

                Bref, une plume que j’ai apprécié, une histoire qui doit être parmi les plus vraies, des personnages attachants. Du délire, de la folie, de la tristesse, de la torture, des sentiments, de l’aide, un peu d’humanité et peu de véritable amour.



PS : il m’a été très difficile de faire une critique sur ce livre qui parle du monde religieux 
c’est pour cela qu’elle est fouillis.

17/20

23 mars 2013

Le Paysan parvenu de Marivaux

"Je les entendais mépriser beaucoup de gens qui valaient mieux qu'eux, et cela seulement parce qu'ils n'étaient pas gentilshommes, mais c'est que ces gens qu'ils méprisaient, respectables d'ailleurs par mille bonnes qualités, avaient la faiblesse de rougir eux-mêmes de leur naissance, de la cacher, et de tâcher de s'en donner une qui embrouillât la véritable et qui les mît à couvert du dédain du monde."

"Le titre que je donne à mes Mémoires annonce ma naissance ; je ne l'ai jamais dissimulée à qui me l'a demandée, et il semble qu'en tout temps Dieu ait récompensé ma franchise là-dessus; car je n'ai pas remarqué qu'en aucune occasion on en ait eu moins d'égard et moins d'estime pour moi. [...] " "Le récit de mes aventures ne sera pas inutile à ceux qui aiment à s'instruire. Voilà en partie ce qui fait que je les donne; je cherche aussi à m'amuser moi-même."
                Le Paysan parvenu est un roman lu dans le cadre de mes cours de littérature du XVIIIème : « La naissance de l’individu dans le roman ». Je n’avais lu de Marivaux que Le Jeu de l’amour et du hasard, une de ses pièces de théâtre qui m’avait d’ailleurs beaucoup plu.
                Ce roman nous raconte l’histoire de Jacob, paysan de la Champagne qui vient à Paris pour livrer le vin, que son père fait, à leur seigneur. C’est l’histoire de son ascension sociale. Jacob devient Mr de la Vallée puis Mr M***. En sept petits jours, Jacob fait les bonnes rencontres et parvient à se faire connaitre socialement. Il est beau : toutes les jeunes femmes qu’il croise tombent amoureuses de lui, par sa figure et son air intelligent. Marivaux, et c’est une particularité de cet auteur, n’a pas achevé son roman. Le lecteur arrête sa lecture lors de la cinquième partie, qui nous laisse sur notre fin.
                J’ai beaucoup aimé ce roman. Pour plusieurs raisons : tout d’abord l’écriture est vraiment agréable, les paragraphes sont nombreux et les parties plutôt courtes ce qui rend la lecture plaisante et pas insupportable. La découverte des personnages est très intéressante mais en soit, ils ne sont pas forcément très attachants. Ceci dit, le roman comprend une touche d’humour et de badinage. Jacob vient de la campagne et conserve un peu son langage, ce qui fait tâche au milieu du monde mondain parisien. Malgré cela, il plait et j’aurais aimé le rencontrer, en vrai pour voir un peu pourquoi il plait tant ! Alors bien sûr, la fin inachevée, moi je trouve ça dommage. Plein de questions restent en suspend. Pour le coup, c’est vraiment au lecteur de se faire son idée.
                Bref, un roman du XVIII que je ne connaissais pas jusqu’alors. Un vrai plaisir de découverte. Il parait que La Vie de Marianne est le même genre. Marianne serait la jumelle de Jacob et ça me plairait bien de le découvrir. Une agréable découverte que je recommande à ceux à qui les romans classiques plaisent !
 
♥♥♥♥♥