29 juin 2014

Balzac et la petite tailleuse chinoise de Dai Sijie

"La beauté d'une femme est un trésor qui n'a pas de prix."

Dans la Chine de Mao, savoir lire, c'est déjà faire partie des intellectuels. Et on ne badine pas avec les intellectuels : on les envoie se rééduquer dans les campagnes, travailler dans des rizières ou dans des mines. C'est ce qui est arrivé au narrateur et à son ami Luo, si jeunes et déjà marqués du sceau infamant d'"ennemis du peuple". Pour ne pas sombrer, ils ont heureusement encore quelques histoires, quelques films à se raconter, mais cela fait bien peu. Jusqu'à ce que, par miracle, ils tombent sur un roman de Balzac : petit livre à lire en cachette, tellement dangereux, mais tellement magique, qui changera le cours de leur vie en leur ouvrant la porte de la fille du tailleur, en rendant possible ce qui ne l'aurait jamais été... 

                Voici un livre que j’avais acheté en brocante parce que je voyais beaucoup de bons avis. Un roman qui semblait être un hymne à la littérature française. Ayant essayé quelques auteurs asiatiques, je me suis de nouveau lancé avec celui-ci et encore une fois je suis convaincue par leur façon d’écrire. C’est doux, c’est pur ! 

                Le titre m’a tout de suite intrigué ! Pourquoi et comment assembler Balzac à une petite tailleuse chinoise ? Au début du roman, les questions ne sont pas encore résolues et puis plus les pages défilent et plus le titre se fait comprendre. Et c’est magnifiquement trouvé. Le lecteur se trouve plongé dans l’histoire, après la Révolution culturelle de 1968 en Chine. Le livre est historique puisque celui (comme moi) qui n’y connaissait pas grand-chose se trouve un minimum informé et a envie d’en savoir plus.   
   
                Le narrateur qui raconte l’histoire est un des personnages principaux de l’histoire et il nous fait le récit de sa rencontre avec Luo, du comment et du pourquoi il est arrivé sur le Phénix du ciel et aussi comment ils ont rencontré la petite tailleuse chinoise. J’ai adoré, vraiment la façon dont tout cela est raconté. J’ai trouvé ça beau (et pourtant il n’y a pas que du beau) et poétique. Ces deux personnages ne sont pas particulièrement attachants, on garde une certaine distance entre eux et nous. Était-ce le souhait de l’auteur ? Malgré cela j’ai trouvé la petite tailleuse très touchante et attachante. Son histoire nous prend aux tripes et la fin est splendide. La littérature qu’elle nous soit étrangère ou non, nous fait comprendre beaucoup de choses. Elle nous amène à réfléchir sur sa propre condition, elle nous forge.       
     
                Bref, vous l’aurez compris j’ai été ravie de faire cette LC car elle m’a permis de découvrir ce petit bijou de la littérature asiatique. Ce n’est pas un coup de cœur car je n’ai pas réussi à m’attacher, à entrer complètement dans l’histoire mais cette dernière est très belle. Un très bel hommage à la littérature en général.

  15/20



3 commentaires:

  1. ah ! souvenir du Brevet tout ça !

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  2. Je garde un très bon souvenir de ce roman lu il y a au moins 7 ans! =)

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